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juin 2015

par l’ | Actualité | Pas de commentaire

Bonjour,
Suite aux récentes réunions du collectif « nous sommes le documentaire », et de l’Interezzo (SRF-ACID) à Paris puis à Strasbourg (réformes du Cosip, réforme territoriale, fonds d’aides, CNC),.
nous vous proposons une prochaine assemblée générale de l’Aarse :

Rendez vous le 29 juin à 18h30 dans les locaux de Mille Bâbords, au 61 rue Consolat, 13001.

Questions abordées
– l’articulation au niveau régional du travail mené avec l’Interrezo,
– nos relations avec les élus du territoire en vue des prochaines élections,
– l’organisation des assises (réunion Interrezo-SRF-ACID à Marseille), à la fin de l’automne.

À très bientôt !
Le bureau

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le texte de Denis Gheerbrant sur la réforme du CNC

Pourquoi le CNC veut-il mettre le feu à la baraque documentaire ?

Le Centre National du Cinéma (et de l’image animée) voudrait mettre le feu à la baraque documentaire qu’il ne s’y prendrait pas autrement : d’une politique de soutien, il passe à une politique de contrôle au nom d’une “transparence” qui ne vise bien entendu d’abord que les plus faibles, les documentaires qui se font avec les chaines locales. Descentes quasi policières dans les maisons de production, menaces d’attaques en pénal alternent avec des propos lénifiants qui voudraient nous faire croire qu’il s’agit de “séparer le bon grain de l’ivraie”. De fait Le CNC décide brutalement de nouvelles pratiques qui mettent à genoux tout un pan de la production documentaire, la plus artisanale, c’est à dire la plus proche de la création à sa source. Au nom de quoi ? De quelle volonté de “restructurer la profession” ? C’est à dire d’en éliminer la dimension artisanale ? D’ores et déjà, de deux cents à trois cents films sont bloqués. Après les chaines locales le CNC s’attaque à la production de films documentaires destinés aux salles, demain viendra la fiction dans sa frange la moins financée, donc commerciale. Fol emballement qui sature et rend absurde le fonctionnement même du CNC, remet en cause ses missions historiques.

Le CNC, qu’est-ce que c’est ? Un organisme de régulation du cinéma et de l’audiovisuel créé en 1946 sous l’impulsion de la profession. Les ressources du CNC sont alimentées par la mutualisation du secteur du cinéma et de l’audiovisuel qui permet une redistribution de taxes prélevées sur le billets de cinéma ou les chiffres d’affaire des chaines de télévision. La politique de soutien du CNC n’est donc pas alimentée par l’argent de l’impôt mais par la profession elle-même. Durant des décennies des chaines, notamment de la TNT, sont venues pomper illégitimement un compte de soutien destiné au documentaire de création. Une récente réforme devrait y mettre un peu d’ordre, mais pour faire bon poids bonne mesure, le CNC se met à exiger des chaines locales, des moyens qu’elles n’ont pas – ce au nom d’une réglementation que le CNC lui-même a préféré ignorer dés l’origine de ce dispositif. Est-ce ainsi que le CNC remplit sa mission de soutien à la diversité ? Pourquoi tergiverse-t-il au lieu de nous écouter quand nous l’interpellons ? Comment le CNC est-il devenu notre problème ? Ce même CNC envié par tous les cinéastes du monde.

“La baraque documentaire”, de quoi s’agit-il ? Il s’agit, en l’occurrence, de tous ces films documentaires qui se bricolent à partir de chaines locales pour arriver à monter un financement qui leur permettra d’échapper aux fourches caudines des programmateurs de télévision, à vivre l’aventure de la rencontre d’un regard et d’un réel. C’est le vivier de la création documentaire, le terrain d’apprentissage pour les uns, la réserve d’indiens pour tous, dans laquelle se réinvente une pratique bien française du documentaire. Bien unique et pourtant universelle si l’on considère qu’elle fait référence pour l’univers entier du documentaire à travers tous les continents.
En clair se joue l’avenir du documentaire, de sa culture et sa diffusion, de 30% à 40% des films montrés en festival, diffusés en salle de cinéma avec souvent un succès critique qui fait pâlir les gros groupes.
En frappant courageusement les plus faibles, c’est bien au delà d’un secteur, de toute la capacité du cinéma à se réinventer au contact du réel, dans ses prises de risque artistiques, qu’il s’agit.
Conséquence immédiate pour nous, le millier d’étudiants en documentaire, les réalisateurs jeunes ou tout simplement hors formatage, les techniciens, les producteurs et tout un réseau de prestataires qui avons développé ainsi une pratique de “survivance des lucioles” : avenir bouché, élan coupé.

Conséquence pour les spectateurs : appauvrissement drastique des festivals et de la programmation des salles de la proposition documentaire. Tout un tissu culturel détricoté.

Les états-majors des chaines de télévision, et des grands groupes audiovisuels et cinéma, imposent par une verticale du pouvoir une vision unique.
Dans sa volonté de structurer sur un modèle industriel un milieu par définition artisanal, c’est la singularité de regards sur le monde qui s’adressent à des sujets doués d’intelligence, des citoyens majeurs et responsables, qui est attaquée à l’arme lourde.

Denis Gheerbrant

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